Article écrit par Melvin

Bonjour tout le monde, aujourd’hui je vais vous raconter une histoire, celle de « LePeauBleu ».Tout commence avec un jeune garçon du sud de la France de 15-16 ans qui porte une attention particulière aux requins depuis tout petit, ce jeune est totalement extérieur au milieu de la plongée et de la protection de l’environnement, aucun membre de sa famille ou de son entourage n’en fait partie. Il découvre un peu par hasard la plongée un été et se rend compte que c’est ça, c’est ça qu’il veut faire de sa vie.

Le problème c’est que ce jeune habite depuis quelques-temps dans le centre de la France et plus dans le sud, donc plonger est assez compliqué pour lui. Sans parler de plongée, ce jeune cherche à apprendre, apprendre quoi ? Tout ce qu’il peut sur les requins, il retourne Internet pour trouver de quoi se documenter, mais il ne trouve rien. Il veut apprendre la biologie marine des requins et il veut faire ça tout de suite sans avoir à attendre de se spécialiser dans ses études pour ça.

Melvin blog requins lepeaubleu

Ce jeune c’est moi, Melvin Cornevin, le créateur de « LePeauBleu ».  Je cherchais tous les moyens possibles pour apprendre à connaître les requins, mais je ne trouvais rien, en tout cas rien en français, à part des fiches espèces sur Doris.

Au bout d’un moment je me suis dit qu’il fallait que je contacte les personnes du milieu pour qu’ils m’aident. À ce moment-là, ce milieu m’était totalement inconnu et les seules personnalités françaises que je connaissais étaient François Sarano et Laurent Ballesta. N’ayant pas trouvé le contact de F. Sarano, j’ai pu contacter L. Ballesta à travers son site web de vente de photos.

Laurent Ballesta m’a alors mis en relation avec Johann Mourier qui a répondu à toutes mes questions. Si cela ne m’a pas vraiment aidé à apprendre ce que je voulais, cela m’a plutôt aidé à trouver les études que je devais suivre.

Je repars donc petit à petit à parcourir Internet et je tombais surtout sur des « feeders » en Floride, ce qui n’était pas du tout ce que je recherchais. Puis un jour je tombe par hasard sur le site web d’Ailerons (association française étudiant et protégeant les poissons cartilagineux de Méditerranée). Je me suis dit alors « ok, parfait, cette fois c’est la bonne, une asso, c’est ce qu’il me faut pour avancer ». J’adhère, je rentre en contact avec des membres, mais on me parle encore et toujours de mes études, donc je n’avais pas encore trouvé ce que je cherchais.

J’ai tenté de chercher en médiathèque des livres qui pourraient m’aider et là non plus je ne trouve toujours pas ce dont j’ai besoin. Après ça, il y a une grande pause où je ne fais pas grand-chose en rapport avec la plongée ou les requins.

Ma mère m’a alors suggéré de créer un blog. Je lui ai dit que ça ne servirait à rien car je n’aurais rien à mettre dessus étant donné que je n’étais pas encore dans le milieu et que je ne serais pas crédible du haut de mes 16 ans. À cette époque, j’étais très pessimiste sur le sujet.

Puis je reçois en cadeau le livre de Steven Surina, Requin – Guide de l’interaction. C’est à ce moment que j’acquiers mes premières grosses connaissances sur les requins. Dans ma tête ça m’ouvre le champ des possibles.

Du coup je me lance, je cherche un nom :

·       « LeGrandBlanc » : non pas assez original à mon goût

·       « Communauté requin France (CRF) » : non c’est nul, puis je me dis…

·       « LePeauBleu » : sympa, pas mal de références dans ce nom. Premièrement la référence à l’espèce que j’aime beaucoup. Elle est aussi très présente en Méditerranée, c’est donc aussi une référence à mon lieu de naissance. Puis le « bleu » de « LePeauBleu » peut aussi faire référence à la planète bleue, mais aussi et surtout aux océans donc à la plongée. C’est donc le nom parfait, je demande qu’on m’offre l’hébergement et les noms de domaines pour le Noël de 2019.

blog requins lepeaubleu

Une fois que j’ai eu tout ce dont j’avais besoin, je commence à développer mon site. Au début le résultat n’était pas extraordinaire, mais ça tenait la route. Je pouvais commencer à m’exprimer librement sur mon site et partager ce que je voulais sur les requins, il n’y avait plus de barrière.

Tout a commencé par deux articles concernant la protection, car pour moi c’était une des choses les plus importantes au début. Je n’avais que quelques personnes, surtout des gens de mon entourage proche, qui consultaient le site donc ça stagnait un peu. Au bout de 3 mois je me dis, ok, comment je pourrais attirer de nouvelles personnes sur mon site ?

Entre-temps j’avais pas mal bossé dessus et du coup j’avais déjà 4-5 articles, peut-être plus. Un jour où je m’ennuyais, j’ai eu une idée, si je faisais de la pub sur Facebook ? Je me suis souvenu que sur Facebook il y avait des groupes de passionnés où les gens échangeaient. Le problème c’est je n’y avais jamais été et Facebook ne m’attirait pas à la base. Je trouvais et je trouve encore aujourd’hui Facebook trop dépassé.

Donc c’est parti, je me remets sur mon compte Facebook que j’utilisais quand j’avais 11 ans. Je le nettoie, j’enlève tout ce qui ne sert à rien, et là je commence à adhérer à des groupes. C’est alors que je découvre la communauté francophone autour des requins et de la plongée en général, une mine d’or de connaissance et de passionnés ! Si j’étais tombé là-dessus plus tôt peut-être que tout aurait été différent. Donc je commence à parler de mon site et là mon audience explose : je passe de 15 personnes par mois à 50 par jour ! Rien qu’en étant actif sur Facebook, c’était énorme, mais ce que je ne savais pas c’est que ce n’était que le début.

Mes premières rencontres grâce à Facebook ont été deux jeunes de 20 ans passionnés de requins. Ils vont vite devenir des amis et vont aussi vite bosser sur le site à mes côtés. Ces deux jeunes c’est Mattéo et Paul. J’avais pourtant déjà un peu discuté avec Mattéo un an auparavant quand j’avais adhéré à Ailerons mais sans suite. Je fais aussi la rencontre de Serge Melesan. Il a été le premier photographe à m’apporter son soutien. À partir de ce moment je n’étais plus seul, on était une équipe.

À force de bosser, de chercher des idées, de toujours essayer de toucher de plus en plus de personnes, on a aujourd’hui un site Internet qui cumule plusieurs milliers d’utilisateurs par mois avec entre 100 et 200 personnes par jour qui visitent notre site quand on est actifs sur les réseaux. Si vous m’aviez dit que ce serait le cas il y a 6 mois de ça, je me serais moqué de vous.

On a même maintenant le soutien de plusieurs associations françaises de requins, de grands photographes, d’artistes et de biologistes marins assez connus. J’ai pour espoir de créer une grande communauté française qui défend les requins dans le monde mais surtout qui fait connaître les requins auprès des gens qui parlent le Français car il y a vraiment un manque à ce niveau-là. Il faut rendre ludiques les connaissances autour des requins, en lien le monde scientifique au monde du divertissement grand public afin d’améliorer l’image des requins.

Mon parcours m’a permis de soulever pas mal de problèmes dans le milieu de la plongée et des requins, en particulier l’accessibilité. Bien que les gens de ce milieu soient très accueillants et aident dès qu’ils le peuvent (c’est comme une grande famille), ce milieu est assez caché, surtout caché des jeunes. Elle n’est vraiment active que sur Facebook, sauf que nous les jeunes, en général nous ne sommes pas sur Facebook.

Par ailleurs, quelqu’un qui est juste un peu intéressé par les requins ne va pas retourner tout Internet comme moi pour trouver ce qu’il cherche. Si tu n’as personne dans ton entourage qui est dans le milieu de la plongée, tu as très peu de chances de découvrir ce milieu et c’est bien ça le problème.

Peu de nouvelles personnes rejoignent la communauté francophone des requins, les gens s’intéressent rarement tout seul aux requins et à leur protection. Il faut aller les chercher et les inciter à rester et à aider les requins. C’est ce que nous essayons de faire chez LePeauBleu, en sensibilisant et en rendant les connaissances accessibles à tous.

Dites-moi ce que vous vous en pensez, ça m’intéresse !